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C’est l’un des désagréments les plus fréquents en voyage, surtout dans les pays chauds : la « turista », ou diarrhée du voyageur, touche une part importante des personnes qui séjournent en zone tropicale ou subtropicale. Le plus souvent bénigne, elle gâche quelques jours de vacances mais guérit seule. Voici comment réagir efficacement, quand s’inquiéter, et surtout comment réduire nettement le risque d’attraper la turista.
À retenir : dans la turista, le vrai danger n’est pas la diarrhée elle-même mais la déshydratation qu’elle provoque. Boire suffisamment, par petites gorgées régulières, est la priorité absolue.
Turista : de quoi parle-t-on ?
La diarrhée du voyageur désigne l’apparition de selles liquides et fréquentes (au moins trois par jour) pendant ou juste après un séjour à l’étranger, souvent accompagnée de crampes abdominales, de nausées, parfois d’une fièvre modérée. Elle est le plus souvent d’origine bactérienne, contractée en consommant de l’eau ou des aliments contaminés. Les destinations à risque plus élevé sont notamment l’Afrique, l’Asie du Sud et du Sud-Est, l’Amérique latine et le Moyen-Orient.
Les symptômes apparaissent en général dans les premiers jours du séjour. Dans l’immense majorité des cas, l’épisode reste bénin et se résout de lui-même en un à trois jours.
Que faire en cas de turista : les bons réflexes
L’objectif n’est pas d’arrêter la diarrhée à tout prix — c’est en partie la façon dont l’organisme élimine l’agent en cause — mais d’éviter la déshydratation et de laisser le corps récupérer.
1. Se réhydrater, en priorité
C’est le geste le plus important. Buvez par petites gorgées, très régulièrement, tout au long de la journée :
- de l’eau en bouteille capsulée (jamais l’eau du robinet dans les zones à risque) ;
- des bouillons salés, des boissons sucrées, du thé léger ;
- idéalement des solutions de réhydratation orale (SRO), ces sachets de sels à diluer vendus en pharmacie, particulièrement utiles chez l’enfant et la personne âgée.
À défaut de SRO, une boisson de secours peut se préparer avec de l’eau capsulée, une pincée de sel et quelques cuillères de sucre — l’association eau + sucre + sel favorise l’absorption des liquides. Comme lors d’un coup de chaleur chez l’adulte, surveiller son hydratation change tout.
2. Adapter son alimentation
Inutile de se forcer si l’appétit manque, mais dès que possible, privilégiez des aliments simples et digestes :
- à privilégier : riz blanc, pâtes, pain, banane, pomme de terre ou carotte cuite, biscottes ;
- à éviter le temps de récupérer : crudités, fruits et légumes crus non épluchés, produits laitiers, aliments gras ou épicés, café et alcool.
3. Se soulager, avec prudence
Quelques médicaments peuvent aider, mais ne remplacent jamais la réhydratation :
| Médicament | Usage | Précautions |
|---|---|---|
| Sels de réhydratation (SRO) | Compenser les pertes en eau et en sels | À privilégier, surtout enfants et seniors |
| Paracétamol | Fièvre, douleurs | Respecter les doses |
| Lopéramide (antidiarrhéique) | Bloquer temporairement le transit (trajet, réunion) | À éviter en cas de fièvre, de sang dans les selles, et chez le jeune enfant |
| Pansements intestinaux | Confort digestif | Effet limité, à distance des autres médicaments |
En cas de doute, un pharmacien peut vous orienter. L’automédication a ses limites : elle ne dispense pas d’un avis médical si les signes s’aggravent.
Quand consulter un médecin
La turista bénigne guérit seule. Certains signes doivent toutefois conduire à consulter sans tarder, sur place ou à distance via une téléconsultation :
- diarrhée qui persiste au-delà de 3 jours sans amélioration ;
- fièvre élevée (au-dessus de 38,5 °C) ou frissons ;
- sang ou glaires dans les selles ;
- vomissements empêchant toute réhydratation ;
- signes de déshydratation : soif intense, bouche sèche, urines rares et foncées, grande fatigue, vertiges ;
- terrain fragile : nourrisson, jeune enfant, personne âgée, femme enceinte, maladie chronique.
Chez le nourrisson et le très jeune enfant, la déshydratation peut s’installer vite : le seuil d’alerte est plus bas, et un avis médical rapide s’impose au moindre doute.
Comment éviter la turista : la prévention qui marche
On ne peut pas garantir un voyage sans turista, mais quelques habitudes réduisent nettement le risque. Tout tient dans une règle simple à retenir : « peler, cuire, bouillir… ou oublier ».
- L’eau d’abord. Buvez de l’eau en bouteille capsulée que vous ouvrez vous-même, ou de l’eau bouillie/désinfectée. Utilisez-la aussi pour vous brosser les dents. Méfiez-vous des glaçons, souvent faits avec de l’eau du robinet.
- Les aliments ensuite. Préférez les plats bien cuits et servis chauds. Évitez les crudités, les fruits déjà épluchés, les coquillages, les sauces à température ambiante et les buffets qui stagnent.
- Épluchez vous-même vos fruits (banane, orange, mangue) : la peau les protège.
- Les mains. Lavez-vous les mains avant chaque repas et après le passage aux toilettes ; gardez un gel hydroalcoolique pour les moments sans eau ni savon.
- Trousse de voyage. Emportez SRO, paracétamol et de quoi désinfecter l’eau. Avant un séjour lointain, un point avec votre médecin ou un centre de vaccinations internationales est utile.
Ces précautions valent aussi contre d’autres soucis digestifs du séjour. Et parce qu’un imprévu de santé à l’étranger peut coûter cher, vérifiez avant le départ votre couverture : une assurance voyage à l’étranger adaptée prend en charge frais médicaux et éventuel rapatriement. Pour d’autres conseils pratiques avant de partir, notre rubrique voyage regroupe des guides complémentaires.
La turista reste, dans l’écrasante majorité des cas, un mauvais souvenir de quelques jours. Avec les bons réflexes — se réhydrater, manger simple, surveiller les signes d’alerte — et une hygiène attentive, vous mettez toutes les chances de votre côté pour en garder le moins de traces possible.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une turista ?
Dans la grande majorité des cas, la diarrhée du voyageur guérit spontanément en 1 à 3 jours. Au-delà de 3 jours sans amélioration, ou en cas de fièvre élevée ou de sang dans les selles, il faut consulter.
Que manger et boire en cas de turista ?
Priorité à la réhydratation : eau en bouteille capsulée, bouillons salés, boissons sucrées-salées. Côté alimentation, on privilégie riz, pâtes, banane, pain, carotte cuite, et on évite crudités, produits laitiers, aliments gras et alcool le temps de récupérer.
Faut-il prendre un antidiarrhéique comme le lopéramide ?
Le lopéramide peut soulager pour un trajet, mais il bloque le transit et n'est pas recommandé en cas de fièvre ou de sang dans les selles, ni chez le jeune enfant. La réhydratation reste la mesure essentielle. En cas de doute, demandez conseil à un pharmacien ou un médecin.
Comment éviter la turista en voyage ?
Buvez de l'eau capsulée ou désinfectée, évitez les glaçons, lavez-vous les mains régulièrement, épluchez les fruits vous-même et préférez les plats bien cuits et servis chauds. La règle « peler, cuire, bouillir ou oublier » résume l'essentiel.