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Avant de visiter le moindre appartement, une question conditionne tout le projet : combien pouvez-vous réellement emprunter ? Connaître sa capacité d’emprunt évite de tomber amoureux d’un bien hors budget et permet de négocier en position de force. Le calcul repose sur quelques règles simples que l’on peut faire soi-même en quelques minutes.
À retenir : votre capacité d’emprunt dépend de trois leviers — vos revenus, la durée du prêt et le taux d’intérêt — dans la limite d’un taux d’endettement d’environ 35 %, assurance comprise.
Les trois ingrédients du calcul
La capacité d’emprunt, c’est le montant total qu’une banque acceptera de vous prêter compte tenu de votre situation. Elle se construit à partir de :
- Vos revenus nets stables : salaires, mais aussi pensions, revenus locatifs pris en compte partiellement, primes régulières. Les revenus ponctuels ou incertains sont écartés.
- La mensualité maximale que vous pouvez consacrer au remboursement, plafonnée par le taux d’endettement.
- La durée et le taux du prêt, qui transforment cette mensualité en capital empruntable.
C’est l’articulation de ces éléments qui donne le montant final.
La règle des 35 % : le taux d’endettement
Les banques limitent l’effort de remboursement à environ 35 % des revenus nets, assurance de prêt comprise. Ce plafond additionne toutes vos charges de crédit : le futur prêt immobilier, mais aussi un éventuel crédit auto, un prêt personnel ou un crédit renouvelable en cours.
Le calcul est simple :
Mensualité maximale = revenus nets mensuels × 0,35 − crédits en cours
Prenons un ménage disposant de 4 000 € nets par mois, sans autre crédit :
- 4 000 € × 0,35 = 1 400 € de mensualité maximale.
Si ce même ménage rembourse déjà 300 € de crédit auto, sa mensualité disponible pour l’immobilier tombe à 1 100 €. D’où l’intérêt de solder les petits crédits avant de déposer un dossier. Rembourser un crédit renouvelable coûteux fait d’ailleurs partie des bons réflexes d’une épargne et d’une gestion budgétaire saines.
De la mensualité au montant empruntable
Une fois la mensualité connue, la durée et le taux déterminent le capital. Plus la durée est longue, plus vous empruntez à mensualité égale — mais plus le crédit coûte cher au total. La durée est aujourd’hui plafonnée à 25 ans dans la plupart des cas (parfois jusqu’à 27 ans dans le neuf ou avec des travaux importants).
Le tableau ci-dessous illustre, à titre indicatif, le capital empruntable pour une mensualité de 1 400 € hors assurance, selon la durée (hypothèse d’un taux autour de 3,5 %) :
| Durée du prêt | Capital empruntable (indicatif) | Coût des intérêts |
|---|---|---|
| 15 ans | ≈ 195 000 € | Plus faible |
| 20 ans | ≈ 240 000 € | Intermédiaire |
| 25 ans | ≈ 280 000 € | Plus élevé |
On le voit : allonger la durée augmente le montant accessible, au prix d’intérêts nettement plus lourds sur la durée totale. Ces chiffres bougent avec les taux du moment ; une simulation de prêt à jour reste indispensable avant de se décider.
Ne pas oublier l’apport et les frais annexes
La capacité d’emprunt ne dit pas tout du budget d’achat. À la somme empruntée s’ajoutent des frais que la banque attend généralement de vous voir couvrir par un apport personnel :
- Frais de notaire : environ 7 à 8 % du prix dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf.
- Frais de garantie (hypothèque ou caution) et frais de dossier bancaire.
- Parfois des travaux ou une réserve de sécurité.
Un apport d’au moins 10 % du prix est souvent demandé pour financer ces frais. Il n’augmente pas votre capacité d’emprunt au sens strict, mais il rassure la banque et améliore les conditions proposées.
Le reste à vivre, l’autre critère décisif
Au-delà du pourcentage, la banque regarde le reste à vivre : la somme qui vous reste chaque mois, en euros, une fois la mensualité payée. Un taux d’endettement de 35 % ne pèse pas de la même manière selon les revenus.
À retenir : 35 % d’endettement sur 2 500 € de revenus laissent un reste à vivre bien plus tendu que sur 6 000 €. La banque en tient compte, surtout avec des enfants à charge.
C’est pourquoi deux dossiers au même taux d’endettement peuvent recevoir des réponses différentes.
Les leviers pour augmenter sa capacité d’emprunt
Plusieurs actions concrètes permettent d’élargir la marge de manœuvre :
- Solder les crédits en cours avant de déposer le dossier, pour libérer de la mensualité.
- Allonger la durée, en acceptant un coût total plus élevé.
- Renforcer l’apport, en mobilisant épargne, prêt familial ou dispositifs aidés comme le prêt à taux zéro sous conditions.
- Acheter à deux : additionner deux revenus stables démultiplie la capacité.
- Soigner son profil : comptes bien tenus, absence de découvert et stabilité professionnelle jouent en votre faveur.
- Optimiser l’assurance emprunteur, dont le coût pèse dans la mensualité — un poste que la loi Lemoine permet désormais de renégocier à tout moment.
Les erreurs fréquentes
- Raisonner sur le prix du bien seul, en oubliant les frais de notaire et de garantie.
- Viser le maximum empruntable sans garder de marge pour les imprévus, au risque d’un budget étranglé.
- Négliger le taux d’assurance, qui peut représenter une part non négligeable du coût du crédit.
- Confondre revenu brut et revenu net dans le calcul du taux d’endettement.
En connaissant votre mensualité maximale, la durée réaliste et le montant qui en découle, vous abordez votre projet avec une cible claire. Le calcul maison donne un ordre de grandeur fiable ; la banque affinera ensuite selon votre reste à vivre et la solidité globale de votre dossier.
Questions fréquentes
Quel salaire pour emprunter 200 000 euros ?
Tout dépend de la durée, du taux et de vos charges. À titre indicatif, sur 25 ans, rembourser 200 000 euros suppose une mensualité de l'ordre de 1 100 à 1 300 euros selon les taux. En respectant la règle des 35 %, il faut donc des revenus nets d'environ 3 200 à 3 700 euros par mois, sans autre crédit en cours.
Comment est calculé le taux d'endettement ?
On divise l'ensemble de vos charges de crédit (mensualité du prêt immobilier assurance comprise, plus les crédits en cours) par vos revenus nets mensuels, puis on multiplie par cent. Les banques plafonnent généralement ce ratio autour de 35 %.
L'apport personnel augmente-t-il la capacité d'emprunt ?
L'apport ne change pas directement le montant que la banque accepte de vous prêter au regard de vos revenus, mais il réduit la somme à financer et rassure le prêteur. Il couvre aussi les frais de notaire et de garantie, souvent exigés en plus du prix du bien.
Peut-on dépasser 35 % d'endettement ?
C'est possible dans une minorité de dossiers, car les banques disposent d'une marge de souplesse encadrée. Elle est réservée en priorité aux profils à hauts revenus, avec un reste à vivre confortable ou un achat de résidence principale solide.
Le reste à vivre, c'est quoi ?
C'est ce qu'il vous reste chaque mois une fois la mensualité de crédit payée, pour vivre : alimentation, énergie, transport, loisirs. La banque le regarde en euros et pas seulement en pourcentage, car 35 % d'endettement ne pèsent pas de la même façon selon le niveau de revenus.